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Les orgues de l'église Saint Martin

Le 9 novembre 1899 eut lieu à Sin-le-Noble un événement extraordinaire et historique pour la paroisse Saint Martin. Ce jour-là, en effet, se déroula la fête solennelle  pour l’inauguration du premier et grand orgue de l’église.

 

Depuis plusieurs années, M.Pierre Courtecuisse avait créé une chorale de jeunes filles à qui il enseignait le chant grégorien. Cette formation d’une qualité vocale rapidement reconnue remportait un succès remarquable.

 

Que dire alors de l’émotion quand ce Maître de Chœur et généreux donateur annonça qu’il allait doter l’église d’un grand orgue !

La  Maison Cavaillé-Coll de Paris, célèbre  manufacture d’orgues, fut choisie pour recevoir la commande et l’instrument, doté de 18 jeux, fut réalisé pour la somme de 30 000 francs.

 

Il était légitime que la réception de ce magnifique présent soit à la hauteur de la générosité du donateur et revête un caractère exceptionnel.

 

Sous la présidence de M. le Chanoine Lobbedez, vicaire général, et en présence de l’Abbé Jean-Baptiste Hego, curé de la paroisse, l’orgue est béni le 9 novembre 1899.

 

Un programme musical choisi parmi les œuvres des plus brillants compositeurs tels que Bach, Saint- Saens, Gounod … est donné avec le concours d’interprètes talentueux comme Louis Vierne, premier prix d’orgue au Conservatoire de Paris et Hector Delahaye organiste de Saint Jacques à Douai.

 

Le chœur paroissial des jeunes filles, sous la conduite de M.Courtecuisse offre l’audition de mélodies grégoriennes.

 

Dès lors, à la grande joie des Sinois, le bel orgue de Saint Martin résonnera de toute sa puissance !  

 

Une plaque  apposée dans l’église commémore le souvenir de cette journée avec une inscription latine dont la traduction signifie :

 

« Les orgues ont  été réalisées par Maître  Mutin,  successeur du très célèbre Cavaillé-Coll.

Elles ont été bénites par le Révérend Maître Hego desservant de cette église le 9 novembre 1899.

Pierre-Ludovic Courtecuisse, douaisien, les a faites installer pour faire connaître sa passion de l’art musical et du chant grégorien ».

 

Charles Mutin (1861-1931) facteur d’orgue français était le successeur de Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899)

 

La première guerre mondiale, hélas, met fin à la carrière de l’orgue. A la fin du conflit, les Allemands, avant de quitter la ville, font sauter le clocher de l’église entraînant l’écrasement complet de l’instrument, orgueil de la paroisse. La destruction est totale et semble irrémédiable.

 

Mais la générosité et la pugnacité de Pierre Courtecuisse feront des miracles. Sans se décourager, il entreprend de réunir les subsides nécessaires au financement d’un nouvel instrument. Il obtient, non sans peine,  du service des dommages de guerre une indemnisation à laquelle il ajoute une fois de plus ses propres deniers.

 

La commande d’un orgue de 28 jeux est passée auprès de la Maison Maurice Delmotte fondée en 1812 à Baisieux-Tournai.

 

De part et d’autre du buffet sont gravées deux inscriptions : « Anno 1918 Bello destructa » et « Anno 1928 Restituta » rappelant la destruction et la restauration.

 

Le 21 juillet 1929 la paroisse Saint Martin renouvelle la cérémonie déjà organisée il y a trente ans. L’église a été restaurée, une tribune élégante et solide, accessible par un bel escalier, abrite le nouvel orgue au buffet paré de ses tuyaux flambant neufs. La chorale est prête elle aussi et les fidèles venus nombreux attendent le baptême.

 

M. le Curé Léon Boumane n’a rien négligé pour que la fête soit parfaite. Elle est présidée par Monseigneur  Desmazière représentant l’archevêque de Cambrai. Il est accompagné de M. le Chanoine Hego, archiprêtre de Douai, du Doyen Guesquière  de Somain et du Vice-Doyen Gavelle, curé de Saint Joseph.

 

La bénédiction est suivie d’un concert d’œuvres où les ressources de l’orgue offrent toute leur puissance.

 

Durant de longues années l’orgue de Saint Martin accompagnera les évènements heureux et malheureux du quotidien des Sinois.

 

Il est hélas muet depuis très longtemps. Faisons le vœu qu’un jour il revienne à la vie.

 

Texte et photos : Joëlle Castellano

 

 

 

Source : Répertoire historique et paroissial de l’Abbé Gavelle – 1931 et photos personnelles

Merci à M. l’Abbé F.Payen ainsi qu’à Cathy et Christian B. pour la traduction latine.

Article publié par Philippe BRILLON • Publié Lundi 27 janvier 2014 • 1960 visites

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